La guerre civile espagnole de 1936 marque un tournant important dans sa vie et dans sa production. La petite ville basque de Guernica est bombardée par les nazis et un mois après, Picasso livre une de ses plus puissantes créations picturales, dénonçant les horreurs du fascisme : Guernica.
Avec la guerre, ses peintures traduisent ses angoisses sur la montée du fascisme en Europe. Il est d’ailleurs interdit d’exposition durant l’Occupation au titre d’« artiste dégénéré ».
Son engagement politique se manifeste par sa participation à trois congrès mondiaux pour la paix pour lesquels il dessine la célèbre Colombe de la paix, et par la composition La Guerre et la Paix (chapelle de Vallauris).
Il réalise une série de portraits inspirés par sa compagne Dora Maar, et dont il accentue les déformations. Elle restera sa maîtresse pendant neuf années.
A partir de 1944, c’est désormais Françoise Gilot, qui partage sa vie et l’inspire. Elle lui donnera deux enfants, Paloma et Claude. Picasso commence alors son activité de céramiste.
En 1953, Françoise Gilot et Picasso se séparent. C’est le début pour l’artiste d’une grave crise morale que reflète une série de dessins exécutés entre la fin 1953 et l’hiver 1954. Le peintre y exprime, à sa manière, de façon déconcertante et ironique, son amertume devant la vieillesse et son scepticisme à l’égard de la peinture elle-même.