En écho notamment à la célèbre phrase du maître : « Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône ». De grands collectionneurs russes, allemands, américains, achètent les œuvres de Picasso qui sort ainsi définitivement de la misère. Le mûrissement de ce nouveau langage pictural l’entraîne vers le cubisme « analytique » (1909-1912).
En 1909, il réduit sa gamme chromatique à celle des gris, avec l’éclatement de l’objet ou de la figure en facettes, destiné à les ouvrir dans toutes les directions et à les relier au milieu ambiant. La ligne courbe et la recherche d’effets de dynamisme sont abolies, la forme est décomposée et mise à plat.
Une nouvelle compagne, Eva Gouel, entre dans sa vie. Progressivement, Picasso réussit à clarifier l’autonomie absolue de l’image peinte qui, dans la mesure où elle n’est plus représentative des apparences, peut être réalisée avec divers matériaux : papiers collés, lettres, chiffres, textes et collages.
On retrouve le même processus dans les sculptures, bien que la couleur réapparaisse dans ces dernières et que débute le passage au cubisme « synthétique » (1913-1917), par lequel l’artiste tend à reconstruire l’objet dans des plans simplifiés et essentiels.